Chapitre 23 – Un Léger Problème de Monstres
I
Ils voyagèrent à travers les collines verdoyantes pendant cinq jours. Puis ils entrèrent dans une forêt profonde et voyagèrent pendant trois jours sous la pluie. La pluie les avait trempé, heureusement que les capes d’Adnama étaient imperméables. Cela aga?ait Ricina et Edvard. Guldo, quant à lui, s'amusait à ouvrir la bouche, à tirer la langue et à boire la pluie. Ils pouvaient sentir la mousse, la terre humide, la sève et les champignons. Une fois entré dans la forêt, le groupe se nourrissait de leurs récoltes et de la chasse de Guldo. Ricina et Edvard se rappelaient eux aussi les cours sur les champignons d’Adnama quand ils étaient chez elle.
Ils trouvèrent un village d’erdoss forestiers. Ils les accueillirent tièdement. Le village était composé de maison en bois avec des toits en bardes de bois. Cependant, après que Guldo proposa un duel de bras de fer à la cheffe du village qui était grande et musclée, la tension retombait. Guldo n’usa pas de sa bête intérieure pour le bras de fer dans la taverne du village. Il ne souhaitait pas tricher, ce qui impressionna Edvard sur l’honneur de Guldo. Il le surprit encore plus quand la cheffe du village, au pelage roux et blanc, ayant beaucoup de cicatrices gagna difficilement le bras de fer face au géant. Guldo fut d’abord dépité mais ensuite impressionné par la force et la férocité de la cheffe, une certaine Taurica Brise-Crane. Elle félicita l’ogre pour le duel de bras de fer le plus difficile de sa vie et offrit une tournée générale dans la taverne. ?a sentait la cervoise et la viande dans la taverne. L’humeur était joyeuse et le groupe put se reposer et se ravitailler pour cinq jours de voyage. Le village erdoss de Sagodla était au final le village le plus accueillant qu’ils aient visité. La rumeur venue des marchands itinérants et des voyageurs disaient qu’une révolution aurait eu lieu à Brigantion, il y a peu. Apparemment le seigneur et ses lieutenants de sa milice seraient morts. Le peuple révolté pilla le quartier riche et le trésor du seigneur. La rumeur disait que le peuple voudrait faire un régime démocratique et partagerait les ressources équitablement. Le trio se sentit fier à l’écoute de ces nouvelles.
- ? On avait changé les choses ! ? pensaient-ils.
La route proposait de passer par un village appelé Oakhold dans les collines mais Ricina refusa. Elle ne voulait pas revoir ses proches qui l’aga?aient au plus au point. Surtout quand elle se souvint qu’ils l’avaient traitée de source d’emmerde parce qu’elle n’arrivait pas à suivre les usages de cette vie rurale ; à savoir la voir se marier au plus vite à un beau parti d’un village voisin. Se débarrasser d’elle, en somme. Elle qui rêvait de voyager et de vivre des aventures. Elle était s?rement morte pour eux, et c’était mieux ainsi, selon elle. Cela inquiétait quand même ses amis. Elle leur disait qu’en plus les habitants de ce village étaient très intolérants, même entre gnomes. Elle appelait Oakhold un ? trou à cons ?. Ils se rapprochaient de la région de Grands-Bois et ils commen?aient à apercevoir le haut de l’Arbre-Mère.
C’était une chose que Guldo adorait voir. Cet arbre géant et magique était gentil avec lui. L’esprit de Divonutib prenait la forme de feu follet quand il était perdu dans la forêt sauvage pour l’amener à Adnama. C’était non loin de l’arbre qu’elle trouva le jeune ogre malade et maudit. C’était là que sa vie d’errance et de perte de contr?le vis-à-vis de sa bête intérieure se termina et que sa vie de bonheur et l’impression d’avoir un petit frère en Elusco commen?a. Il savait qu’Elusco l’appelait des fois ? grand frère ? et une fois adulte ? le gentil géant rouge ?. Ils étaient proches mais Elusco devait garder le secret par rapport à Guldo, c’était la règle d’Adnama. Surtout quand le faune était présent et qu’il devait alors se cacher dans les bois. Dans la forêt centrale de l’Arbre-Mère, il jouait avec Divonutib qui prenait la forme d’une grande elfe élancée à la peau grise et aux longs cheveux blancs. Cet arbre était si gentil avec lui. Adnama et Elusco aussi. ?a le rendit heureux.
Au onzième jour de voyage, trois cocatrix les attaquèrent. Elles ressemblaient à de gigantesque faisans monstrueux avec des ailes de chauves souris géantes et avec une queue en forme de serpent qui pouvait empoisonner et paralyser avec la tête de serpent au bout. Guldo chargea et emmena deux des cocatrix avec lui, laissant une seule à affronter pour Ricina et Edvard. Ils la combattirent. Elle était plus grande de trois têtes qu’Edvard. Les coups de serres de l’horreur l’envoya au sol et la queue de serpent le mordit. Il sentit la magie divine dans son sang affronter avec vigueur le poison du monstre. Ricina chargea et perfora la tête de serpent de ses pics de guerre, la tuant. Le corps principal de faisan lui mit un violent coup de patte, lui brisant les cotes et lui coupant le souffle, l’envoyant violemment contre un arbre ; elle tomba inconsciente. Edvard hurla le nom de son amie. La cocatrix, quoique blessée, allait achever Edvard. Il embrasa ses mains, priant difficilement à cause de la patte qui lui compressait le torse et lui brisait les cotes. Il fit un violent souffle de feu explosif, qui lui per?a les tympans et br?la la bête. Elle lacha prise. Son propre miracle l’avait br?lé au visage. Il invoqua sa lance et la planta avec le restant de ses forces dans la bête, la tuant. Il accourut ensuite vers Ricina. Le choc était trop violent pour une gnome, mais son sac avait amorti le choc contre l’arbre. Il pria en pleurant les Neufs et Divonutib, chose qu’il n’avait jamais fait, en utilisant ses miracles de soins sur elle. Une lumière vive apparut de ses mains. Ricina inspira un grand coup et Edvard saignait du nez, des oreilles et des yeux. Il s’effondra inconscient et au bord de la mort.
Il vit de nouveau les deux berges et l’eau lumineuse qui les séparait. Il commen?a à traverser, voyant vaguement la silhouette d’une grande dame fine et élancée à la peau grise et aux oreilles d’elfes, elle portait une robe de feuille. Il traversa la rive et atteint l’autre berge. et la dame se baissa et lui murmura un mot à l’oreille :
- ? Tosu dēuiu nō-ano tems ouiē, mo?i gallos uiros ? dit elle d’une voix calme, rassurante, réconfortante.
Il ne comprenait pas ses mots et sentit son corps se dissiper sur la berge, la dame pale l’embrassa sur le front. Une douce et chaude lumière l’entoura. Il disparut.
II
Le héros ouvrit les yeux en inspirant un grand coup. Son corps émanait de la magie de l’Arbre-Mère. Ricina se tenait à ses c?tés, tétanisée par ce qu’elle voyait. Une large apparition translucide d’une grande dosque élancée ayant de longs cheveux blancs comme la neige et habillée d’une robe de feuilles. Elle dit à Edvard :
Stolen story; please report.
- ? Je te choisis aussi désormais, ? mon Disciple. Tu as fait maintes fois tes preuves et moi, Divonutib, te bénis et t’aiderais à travers tes miracles. Dix Dieux t’aimant tous, n’est-ce pas magnifique, ? mon héros ? ? dit Divonutib. ? Vous étiez à peine à porter de mes racines mais, j’ai puisé dans ma force pour te sauver. Les Dieux Animaux et leurs bénédictions sur vous m’y ont grandement aidée. Sauve des vies en retour et empêche ce dieu perfide qui souille mes terres et mes bois de prendre forme terrestre ! ?
Il y avait un magnifique parfum de fleurs dans l’air. Guldo arriva et les trois se sentirent sereins en voyant la dame lumineuse. Elle s’approcha du géant et lui posa un baiser sur le front, l’appelant :
- ? Mon brave et valeureux enfant à la peau de feu, protège de ta force tes alliés. On rejouera ensemble comme avant si tu le désires et que tu te trouves dans le cercle forestier central, au plus prês de moi. ?
Guldo versa une larme de joie en la voyant.
Elle regarda Ricina, leva la main et la salua l’appelant :
- ? Ma petite filoute pleine de ressource, veille sur ces deux grands gaillards, veux-tu bien ? ?
Ricina hocha la tête pour dire oui. Elle était tellement émue par la beauté de la dame.
La dame disparut tel un mirage. Laissant des fleurs là où elle se trouvait auparavant. Leurs colliers gobelins brillaient d’une lueur qu’Edvard reconnut comme un mélange de la magie de l’Arbre-Mère et des Dieux Animaux.
- ? Je te le promets, Ma Dame. ? dire les trois à l’unisson et à leurs manières.
III
Au dix-septième jour de voyages, ils virent leur destination : des ruines dans la forêt du cercle extérieur. Les animaux les regardaient, sans avoir peur, les plus agés, en fin de vie s’offrait même à eux comme nourriture. Mourant paisiblement de leur simple touché. Les ruines étaient da?rkiennes. Les aventuriers repensèrent au fait que le seigneur de Brigantion, dont le bourg était maintenant si loin, serait venu ici chercher un artefact. Quelle folie l’avait poussé à aller si loin. Les ruines étaient remplies de morts vivants et de squelettes d’Hommes ou de bêtes et cela en très grand nombre. Ils voyaient au loin une pyramide, un autel brillant d’une lumière rouge. Les ruines leur semblaient immenses. Ils se sentaient petits à c?té. Guldo leur dit :
- ? Foncez dans les ruines ! La bête en moi attire les pas morts comme l’alcool un ivrogne ! Allez-y ! ? dit Guldo en fon?ant dans le tas à l’intérieur des ruines.
Les morts-vivants se jetèrent sur lui.
Edvard et Ricina progressèrent rapidement à travers les ruines recouvertes de végétation. Avec la magie de Divonutib, des Dieux Animaux et de Lonida?, ils purent écarter les racines et les vignes qui leur bloquaient le chemin et qui les menait directement à la source du mal, malgré ce labyrinthe végétal et minéral. Sur le chemin, ils croisèrent quelques morts-vivants. Edvard les bloqua avec les racines du sol, les enchevêtrant. Ricina et lui les frappèrent de leurs masses d’armes. Les brisant en mille morceaux. Edvard sentait son lien à la nature renforcée et sa magie de guérison et de soin amplifiée. Ricina sentait ses sens plus aff?tés que jamais. Les ruines sentaient la mousse et les champignons en plus d’une étrange odeur de décomposition qui se renfor?ait en s’approchant de la pyramide. Ils entrèrent dans une salle ouverte où Ricina prévint Edvard qu’elle ressentait des ennemis au-dessus d’eux. Elle avait senti par un instinct animal l’embuscade des goules.
Trois goules leur sautèrent dessus. Elles sentaient horriblement, comme une odeur de chair pourrie. Ricina en esquiva une et planta son pic dans sa hanche. Edvard en bloqua une autre avec son écu avant qu’elle ne lui arrache un bras. Il répliqua d’un coup d’estoc de sa lame au fer ardent dans le torse, la tuant net. La troisième prit un débris au sol et lui frappa la tête avec. Son miracle d’armure lui permit de rester conscient et il lui envoya une onde de choc, étourdissant la goule. Il incanta en levant son épée au ciel la furie des forêts, une lumière bleu clair et blanche surgie de son épée : br?lant la goule, la réduisant en cendre. Ricina se prit plusieurs coups de griffes de la part de la goule réduisant sa cape et ses habits en charpies au niveau du ventre. La goule l’éventra presque lorsque sa tête tomba, son cou fumant d’une tranche précise. Edvard guérit leurs blessures, qui étaient légères et régénéra les tissus des habits de Ricina. Edvard récupéra son écu et le répara.
IV
Ils progressèrent jusqu’à la pyramide. Guldo était au loin, à leur gauche, affrontant morts-vivants et goules. Ils gravirent en vitesse la petite pyramide et arrivèrent devant un autel où se tenait un homme chétif aux habits sales et déchirés. Il avait quelques cheveux noirs hirsutes sur son crane. Il avait également une dentition catastrophique et le teint blafard. Il tenait le sceptre et dit :
- ? Je suis Liudolf Flintstriker, nouvel empereur de Mon Empire, je suis l’élu de Gorz?hn?me le Progéniteur qui me nomme Empereur Dieu des Monstres ! Agenouillez-vous devant moi !!! ? dit l’homme d’une voix cassée.
Les deux refusèrent. Ce type leur faisait presque pitié à tous les deux, en plus du dégo?t en sentant son odeur de décomposition. Il était dangereux et ils devaient le stopper ici et maintenant.
- ? C-Comment osez-vous me désobéir, à Moi ?! Votre Empereur ! ? dit le fou.
Il tira un projectile rouge avec le sceptre qu’Edvard bloqua d’un bouclier magique. Ricina lui jeta un couteau de lancer dans le ventre et il se roula au sol, lachant le sceptre et hurlant comme un enfant. Il arracha le couteau et le jeta à quelques pieds de lui.
- ? V-v-v-v-Vous allez me le payer ! ? dit-il en pleurant.
Le sceptre flotta dans les airs et créa une brèche rouge dans l’espace qui aspira Liudolf. Ricina ramassa et essuya son couteau. Le sang de ce dr?le de type était violet. Guldo fon?a vers eux,
? D’autres pas morts et trucs moches à quatre bras approchent, j’vais m’en charger, j’tiendrai bon, J’vous le promets ! ? Il frappa son torse avec force ? Foncez là-dedans et arrêtez le grand méchant et sa magie horrible. J’me charge de protéger l’entrée et sortie de mon corps ! ?. dit Guldo.
Sur ces mots Ricina et Edvard chargèrent dans la brèche magique.

