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22 La Vengeance dune Semi-Femme

  Chapitre 22 – La Vengeance d’une Semi-Femme

  I

  Le trio se dirige vers Brigantion. Sur le chemin, Ricina et Edvard questionna Guldo sur son passé. Il répondit :

  - ? Mes tatouages sont apparus quand j’étais à moitié adulte, en même temps que la prophétie du chamane de mon clan. La prophétie disait que j’étais maudit et destiné à être un monstre dévastateur qui serait tué par les Grands Héros. J’ai refusé cette destinée et les anciens de mon village m’avait chassé et banni de mon clan. J’ai choisi d’être un monstre… qui tue des monstres !

  J’fus trouvé et édu…qué, voilà ! par Adnama et j’ai grandi avec un petit elfe. Elusco je crois qui s’appelait le gentil gar?on. La grande dame grise me faisait toujours venir chez elle quand il y avait pas un mage roux avec des cornes. Olia-quelque-chose. Une personne qui ? aurait voulu me tuer une fois adulte ? disait la grande dame grise. J’passais beaucoup de temps à m’entra?ner avec la gentille dame pour ma?triser le monstre en moi. Et j’ai réussi ! Je suis maintenant un chasseur de gros monstres pour éviter que les petites gens soit blessées ou meurent à cause des méchants monstres. C’est ma vie et mon but ! J’m’en moque de la prophétie, elle me fait pas peur. Comme les héros ! Enfin si, un peu quand même… Les Héros sont dits surpuissants et moi, je peux quand même mourir. Et ?a me fait peur quand j’y pense, j’aime pas y penser. ?

  La peur de Guldo vis-à-vis de la prophétie lui valut le soutien de ses amis. Cela le réconforta un petit peu, pour l’instant du moins.

  Ils furent surpris qu’Elusco ne l’avait jamais mentionné, quoique, il avait déjà fait allusion au gentil géant rouge une fois dans une conversation. Du moins ils leur semblaient.

  Plus tard, Edvard regarda Ricina et lui demanda :

  - ? Comment s’appelait feu ta mentor ? Si c’est trop douloureux pour toi tu n’as pas besoin de rép... ?

  - ? Nammota Drutanos. La meilleure voleuse et la plus grande héro?ne de Brigantion. En plus d’être la meilleure prof ! Elle était courageuse et ! …j’ai… un travail à finir. ?

  - ? La venger de ses bourreaux et de ses tortionnaires. J’ai compris. Je sais ce que les pires hommes peuvent faire infliger aux femmes. Même ceux sensés les protéger, les aider ou les diriger. Je l’ai vu de mes propres yeux et tuerais chacun de ces porcs s’ils croisent ma route. Au nom d’Ubolda la Sage, j’en fais le serment. Mais je ne te volerais pas ta vengeance Ricina. Cependant je t’assisterais à ta tache que les dieux autorisent. ?

  - ? Ouais, des porcs. Attends ?! Pffft, tes dieux sont d’accord avec ma vengeance ? T’es sérieux ? On parle quand même de buter un seigneur, son conseiller, son tortionnaire et bourreau, le chef de sa milice et son bras droit quand même. Et les dieux sont d’accord ?! On parle de gens hauts placés quand même, des nobles et des riches. ?

  - ? Les Neufs se moquent du rang, des titres et des richesses d’un être. Tout ce qui compte à leurs yeux est la valeur de cet être : ses actions et ses faits. ?

  - ? D’accord, d’accord… Et pour le gros rouge ? Un des Neufs a bien prédit sa mort par les Grands Héros quand même ! ?

  - ? Quand je l’ai vu, je n’ai ressenti rien d’impie en lui hormis sa malédiction, qu’il contr?le parfaitement grace à l’aide de, pas une mais, deux mages célestes : Admama et Iphrine. Et je ressens l’amour qu’a Lonida? et Naotz pour Guldo. Sans compter qu’il agit avec héro?sme, ce qui pla?t beaucoup à Ubolda. Tout ?a, je le ressens dans mon lien avec eux. Je suis leur catalyseur en tant que Disciple. S’ils avaient voulu sa mort, il me l’aurait dit dans mon for intérieur. Mais ?a n’était pas le cas. Car les Neufs sont la Bonté. Hormis les caprices de Dakrés pour les tempêtes en mer ou les prophéties douteuses de Vatréous. Je sais qu’Elusco en fait partie, de la prophétie des Grands Héros. Et Adnama m’a dit qu’Elusco et elle refusent et ha?ssent cette prophétie. Adnama m’a aussi dit que les prophéties du Dieu du Destin ne sont pas absolues. Regarde l’anomalie. Elle devait détruire la région et on l’en a empêchée, d’une certaine fa?on. On a pas vu le combat final contre la déesse perfide qui nous a blessé mentalement. Il faudrait demander aux deux autres tourtereaux ce qu’il s’est passé. ?

  Cependant son interprétation des sentiments des dieux d’Edvard vis-à-vis de Guldo lui laissait de léger doute sur leurs intentions. Cela tra?nait dans sa tête et l’angoissait.

  - ? D’accord… je vois mieux. Ouais, on leur demandera comment l’anomalie s’est fermée. Par contre, peu importe où ils sont, ils doivent, de un : galérer comme pas possible et de deux : se rouler des pelles. Je me demande ce que ?a fait d’embrasser un erdoss quand on a un visage plat. On embrasse le devant ? Le c?té ? T’en penses quoi ? ?

  - ? Que ?a ne me regarde pas et que je ne veux pas savoir. ?

  Ils rigolèrent tous les deux. Guldo suivait un mot sur deux de ce qu’ils disaient. C’était comme les mots d’Elusco : trop compliqué.

  II

  Ils arrivèrent dans un village gnome typique nommé Roselight. L’odeur et l’ambiance typique des villages gnomes rencontrés jusqu’à présent, hormis le fait que les habitants étaient étonnés par la carrure et la taille de Guldo. Il sortait du lot, ?a c’était s?r. Ils s’y rationnèrent, Edvard fit ses devoirs de Disciple et ils y passèrent la nuit. Ils furent réveillés pendant la nuit par le son d’une cloche d’alarme : des pillards approchaient. Ils mirent vite leur équipement et dirent à Guldo ? de tuer les méchants Hommes qui veulent faire du mal aux gentils gnomes ! ? Les yeux de Guldo s’embrasèrent, ses tatouages devinrent une fourrure et il fon?a là où une femme cria. Edvard béni Ricina et lui-même d’une bénédiction de Naotz, déesse de la Lune, d’un miracle de vision nocturne. Ils virent les pillards avec leurs torches et attaquèrent. Ricina se mit sur une colline maison qui était assez haute et abattait les pillards de sa fronde. Fronde dont les projectiles étaient ramassés et taillés régulièrement par Ricina pour être utilisables lors de chaque voyage. Elle abattait un, puis, deux, puis six, puis douze pillards. Elle voyait comme en plein jour. Un filtre lumineux et coloré recouvrait ses yeux.

  Edvard mit des coups d’épée et protégeait les gnomes du mieux qu’il pouvait. Il ne comptait plus le nombre de rarse pillards équipés seulement d’un gambison ou d’un pitoyable bouclier en bois qu’il abattait. Il en abattait encore plus seulement des vêtements. Il re?ut quelques coups que son armure et son écu bloquèrent en partie. Il re?ut quelques blessures. Il les prenait par surprise grace à l’obscurité de la nuit où la lune était cachée par des nuages. Il entendait les rales d’agonie masculins et étrangement féminins des personnes qu’affrontaient Guldo.

  L’ogre rouge de son c?té fon?ait à toute allure, tendait le bras et tranchait un brigand en deux ou lui brisait la nuque, ou le frappa si fort que son corps ne ressemblait à plus rien d’humano?de. Des trois protecteurs du village, c’est lui qui en tuait le plus, sentant leur présence comme une odeur. Tel un renard traquant un lièvre. Il n’avait aucune pitié pour eux. Il savait ce qu’était un pillard. Il a vu de ses propres yeux les ravages qu’ils faisaient, les hommes et enfants qu’ils tuaient, les femmes et les enfants qu’ils violaient. Pour lui, les pillards n’étaient que des monstres à forme humaine ou ogre ou peu importe. Des monstres point. Et les monstres, il les extermine.

  Au bout d’un temps qu’il s trouvèrent bien long, le dernier pillard tomba d’une bille de fronde en pleine tête de la part de Ricina alors que Guldo le chargeait à une vitesse surnaturelle.

  Ils se rassemblèrent sur la place centrale avec les villageois. Guldo dit à Ricina :

  - ? Il était à moi le dernier méchant monstre. ?

  - ? Désolé ! Je t’en offrirai plein à Brigantion ! Je te le promets, tu vas te régaler au point de faire exploser ton ventre ! ?

  Guldo avait les yeux remplit d’étoiles comme ceux de Ricina devant une bourse remplie de pièces d’or. Ou de n’importe quoi en or, en fait.

  Tous les villageois étaient présents, toutes les maisons intactes et aucun blessé ou mort à déplorer. Tout ?a grace à trois personne contre une cinquantaine. Guldo en avait tué le plus, et de loin, suivi de Ricina et Edvard. Mais ils ne faisaient pas la compétition. Ils retournèrent tous se coucher. Le lendemain matin. Les villageois récompensèrent leurs sauveurs d’une bourse contenant trente pièces d’argent, à partager entre eux. Ricina commen?a à en vouloir plus. Guldo disait qu’il ne méritait pas la récompense vu qu’il était un monstre et qu’il avait besoin de peu pour vivre. Cependant Edvard divisa la somme à dix chacun. Au grand détriment des deux autres, l’une ayant trop peu, l’autre ayant trop.

  - ? Et interdiction de donner tes pièces d’argent à Ricina, Guldo, même si elle te propose une faveur ou si elle te prit à genoux, compris ?! ? dit Edvard à Guldo.

  Ricina le regarda vexée. Elle allait dire un truc mais s’arrêta. Elle se rappelait avoir déjà fait équipe avec des Aurores qui incluaient s?rement Edvard. et avoir commise ces choses exactes au moment de la récompense. Donc elle se tut et marcha comme un chien qui avait la queue entre les jambes. Vexée et surtout dépitée.

  - ? O-Oui chef ! ? dit Guldo à Edvard.

  Alors qu’ils campèrent dans une colline verdoyante pour manger, Guldo remarqua qu’Edvard était un ogre et lui dit :

  - ? T’es vraiment p’tit pour un ogre, même si j’sais que j’suis spécial. J’ai vu beaucoup d’ogres et t’es le plus p’tit que j’ai vu. ? dit Guldo.

  - ? Je sais, on m’appelait demi-portion dans mon village natal. J’étais bien plus petit et frêle que mes frères et s?urs et même que mes parents et mes cousins une fois adulte. Même si maintenant, j’ai gagné pas mal en muscles en tant que combattant vétéran. ? répondit le Templier des Neufs et Chevalier de la Cour de Gruvengard.

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  - ? Ils t’appelaient ? demi-potion ? c’est méchant. Ils étaient méchants les gens dans ton village. C’est pas bien de se moquer des autres. Et puis moi j’m’en moque que tu sois petit pour un ogre ! Tu es fort au combat, courageux, héroi-truc et tu as des supers pouvoirs géniaux ! Et en plus t’es gentil avec Guldo ! ? dit le géant.

  - ? Merci Guldo. ? répondit-il.

  - ? Pour compenser leur méchanceté je serais mille fois plus gentils avec toi ! ? dit Guldo content et agitant ses bras.

  Ils rirent ensemble.

  - ? C’est vrai que j’avais jamais fait attention à ta différence de taille avec les autres ogres. J’y prêtais pas attention ! Comme quoi ! C’est pas la taille qui compte ! ? dit Ricina en riant avec eux.

  Il y eut une très bonne ambiance lors de ce déjeuner.

  III

  Il y eut une moins bonne ambiance quand ils arrivèrent au bourg de Brigantion. Les rues étaient sales. Les maisons, composées de bois, de torchis et de toits de chaume étaient en mauvais état et le quartier le plus riche du bourg était derrière des palissades et surveillé par des gardes.

  - ? la vache…. ! C’est en pire état de quand je me suis enfui ! Voyez ce manoir, là-haut, sur la colline, c’est là où mon cambriolage avec Nammota a merdé. C’est là qu’est le porc ou le monstre principal, attendons la nuit pour nous y introduire. ? dit Ricina.

  - ? C’est là aussi où je sens l’odeur d’la méchante magie. ? dit Guldo.

  - ? Bien, allons dans une taverne et établir un plan pour dénicher la source de l’apparition des monstres. ?

  Ils furent interrompus en chemin par des gardes qui portaient en insigne un couple d’ailes de plumes blanches.

  - ? Oh putain !… des Anges Gardiens ! ? murmura Ricina.

  - ? Halte, créatures ! Vous les ogres, on veut pas de votre puanteur ici ! Surtout toi le rouge, tu as l’air sortie tout droit des enfers ! Et je t’oublie pas la semi-homme, on aime pas ton genre ici ! Brigantion est le rempart humain contre les espèces dégénérées dans votre genre ! ?

  - ? Dis chef, dis chef ! Est-ce que je peux broyer les méchants qui nous insultent et nous menacent ?. J’les ai vu taper un enfant et tripoter une femme au loin. Mes yeux m’ont jamais menti... ?

  - ? Comment oses-tu ?! Vile créature tu vas ... ?

  - ? Faire quoi ? ? le regard de Guldo devint sombre. Il attrapa les deux miliciens par les casques et mit sa tête entre les deux. ? Vous allez faire quoi ? Nous blesser ? ?a veut dire blesser mes deux amis là et ?aaaaa c’est une trèèèèès mauvaise chose pour vouuuuus d’accoooord ? Parce que si vous nous laissez pas partir… Vos mères seront même plus reconna?tre vos corps broyés comme humains. Comprit les suprémacistes ? C’est bien comprit ou vous avez besoin, trèèèès besoin d’un exemple DéTAILLé dans une ruelle ? Celle-là juste à ta droite tête droite. Alooooooors ? ? dit froidement Guldo.

  - ? V-v-v-v-v-vous êtes parfaitement normaux, sire, magnifiques même. Je ne vois aucun problème même. N-n-n-n’est-ce pas F-F-F-Flodwig ?! ?

  - ? B-b-b-b-b-b-bien s?r H-H-H-Herered ! Ils sont parfaitement beaux et normaux ! Je pense que le travail nous appelle, o-o-o-o-on doit y aller ! Passez une superbe journée ! ?

  Guldo les relacha et les deux gardes s’enfuirent à toute vitesse. Ricina renifla.

  - ? Au p’tain les deux se sont carrément pissés dessus. Vous avez senti l’odeur de pisse qui émanait des deux ! Là vache, Guldo ! ? elle éclata de rire.

  Quelques gnomes et ogres dans les environs rigolèrent en voyant les miliciens fuirent avec les braies dégoulinant d’urine.

  - ? Pas mal, grand gaillard ! ? dit Edvard en tapotant le dos musclé et tatoué de Guldo.

  - ? Personne ne menace mes amis ! ? dit Guldo sérieusement.

  Ils entrèrent dans la taverne L’épée Cassée qui sentait fortement l’alcool. Elle était sale et puante. Cependant, ils s’assirent à une table. Une humaine blonde vint prendre leur commande. Ils demandèrent une soupe, du saucisson et de la bière, double dose pour le géant. Ils mangèrent et burent à leur soif. Guldo semblait aussi immunisé aux effets de l’alcool et aimait le go?t. Ils entendirent une rumeur que Ricina écouta avec une très grande attention. Le seigneur Nothelm Tallash allait encore augmenter les imp?ts et les taxes. Il y avait aussi une rumeur des serviteurs du manoir comme quoi il aurait ramené un artefact maudit d’une expédition dans une ruine da?rkienne. Elle entendit aussi que beaucoup d’hommes furent envoyés pour trouver l’artefact maudit dans des ruines en question dans les frontières avec la région des Grands-Bois. Cela, d’après les rêves dits prophétiques du seigneur Tallash qui se disait l’élu d’un dieu. Il aurait dépensé des sommes astronomiques et même perdu des hommes pour la trouver.

  - ? Il devient de plus en plus fou... ?, disaient les gens dans la taverne.

  La dernière rumeur était que le seigneur Tallash ferait une soirée avec ses plus proches alliés. Ricina reconnut les noms : ceux des quatre lieutenants de Tallash, ceux qui ont violé et torturé Nammota !

  - ? C’est eux ! ? pensa Ricina ? Leur sang de porc va couler ce soir, je ne suis plus la gamine effrayée d’avant ! ?

  Elle murmura à ses alliés que tous les porcs et monstres seront rassemblés ce soir même dans le manoir du seigneur du bourg. Dès que la nuit sera tombée, elle leur montrerait le chemin jusqu’au manoir.

  La nuit finit par arriver. Ils passèrent par-dessus les palissades avec le grappin de Ricina et la hauteur des sauts surnaturels de Guldo. Ils se faufilèrent dans le bourg jusqu’à la colline du manoir du seigneur. Ils s’approchèrent des grilles du manoir, une fois arrivés devant. Ricina siffla discrètement et Guldo écarta les barres en métal comme des brindilles de pailles. Edvard et Ricina entrèrent. Ils connaissaient leur plan ; passer discrètement dans les passages secrets du manoir pendant que Guldo attirent l’attention en affrontant les gardes à l’entrée du manoir.

  IV

  Edvard et Ricina marchèrent discrètement en passant en dessous des fenêtres en espérant que personne ne remarque les dégats dans la cl?ture en métal. Ils arrivèrent à une porte de derrière. Ils entrèrent discrètement et Edvard murmura à Ricina :

  - ? Reste près de moi, ce miracle est très dur à maintenir et à une courte portée. Une fois actif, guide-moi jusqu’au passage secret en restant très proche. D’accord ? ? murmura Edvard.

  Elle acquies?a et se rapprocha de lui.

  - ? ? Naotz déesse de la Nuit et de la Lune et ? Iphrine déesse de la Magie et des Arcanes, donnez-moi la force de cacher ce qui est visible. ? pria discrètement le Templier.

  Ricina ressentit de nouveau cette sensation de légèreté et Edvard lui paraissait légèrement flou.

  - ? On est invisible maintenant, guide-moi. ? murmura-t-il en serrant très fort son médaillon des Neufs.

  Ils progressèrent dans une réserve de nourriture. Puis ils passèrent dans une cuisine, en faisant très attention de ne rien toucher. Il y avait quelques personnes dans la cuisine, et aucune d’entre elles ne les voyaient. Ils avancèrent dans un couloir où se trouvait une statue. Elle mit sa main derrière une statue d’un humain en armure et tira un levier ; elle poussa un mur qui se mit à tourner sur lui-même. Les deux se dépêchèrent de le traverser et d’entrer dans les passages secrets du manoir. Elle le referma derrière eux. Il y avait ici une forte odeur de poussière. L’invisibilité cessa ; Edvard suait à grosses gouttes. Le c?ur de Ricina palpitait d’excitation, la vengeance arrivait à grands pas.

  V

  Ils traversèrent des couloirs étroits, montèrent une échelle et arrivèrent devant un mur. à travers un petit trou dans ce mur, Ricina observa une salle qui se trouvait de l’autre c?té. Elle se prépara à enclencher un levier après avoir sorti ses couteaux de lancer et murmura un Edvard :

  - ? Je les vois ! Les cinq ! Réunis ici ! Tu ressens les flammes de la cheminé et la fumée dans la pièce en face ? ? murmura t’elle.

  - ? Oui ? répondit le Disciple.

  - ? Faits en sorte de créer une diversion sur le compte de cinq ? . Elle leva alors sa main. Edvard ferma les yeux et se concentra sur les flammes et la fumée de la cheminée, serrant fort son médaillon. ? Cinq, quatre, trois, deux... ? les flammes de la cheminée crépitèrent et se mirent à faire beaucoup de fumée. ? Un ! ?

  Les flammes jaillirent spectaculairement dans la cheminée, étonnant les cinq humains présents, et effrayant les domestiques. Ces derniers étaient peu habillés et avaient des ecchymoses sur le corps à divers endroits. Au même moment où les flammes jaillirent tel un spectacle de magicien de cour, la porte secrète s’ouvrit discrètement par la force du templier. Ricina jaillit et lan?a deux couteaux de lancer sur deux humains : le chef des Anges Gardiens et son bras droit. Chacun d’eux re?ut un couteau dans la tête, les tuants sur le coup et faisant tomber leurs têtes dans leur assiette pleine de nourriture, éclaboussant la nappe. Un filet de sang coulait de leurs cranes, leurs yeux figés par la surprise. à peine que les trois autres commencèrent à réagir que Edvard tint son médaillon avec force et après une prière à Ubolda dit : ? RESTéS ASSIS SUR VOS CHAISES ET NE DITES PAS UN MOT !!! ? sa voix résonnait d’un ton mystique dans la pièce, un miracle de Commandement. Les trois s’enfoncèrent dans leurs chaises, immobiles et paralysés. Les servantes s’enfuirent.

  Au même moment un violent craquement de bois fut entendu plus loin et un garde hurla :

  - ? Un intrus ! Tuer cet ogre rouge !!! ? suivit de plein de cris de combat d’Anges Gardiens qui se transformèrent très vite en rales d’agonie.

  Les trois humains regardaient avec terreur la petite gnome, armée de petits couteaux. Comme des enfants devants un loup.

  Ricina, le regard noir et meurtrier, lan?a ses deux derniers couteaux dans la tête des deux autres humains assis sur les c?tés : le conseiller du seigneur et le gros tortionnaire. Les deux re?urent un couteau dans la tête, les tuant sur le coup. Le miracle prit fin au moment où Ricina chargea le seigneur Nothelm Tallash, assis au bout de table, tout en esquivant la nourriture présente sur la table. Les deux cadavres s’écroulèrent dans leurs assiettes pleines de nourriture. Leurs yeux remplis de terreur alors que le sang s’échappait de leurs cranes. Le seigneur se releva, appela la garde avant d’être interrompue par un ? SILENCE !!! ?. Une injonction d’Edvard, qui se mit à cracher du sang après l’avoir dit.

  Nothelm se rua sans pouvoir parler vers l’épée au-dessus de la cheminée : c’était un homme gros à la peau claire. Au moment où il prit l’épée et se retourna, deux pics de guerre vinrent se planter dans ses deux genoux. Il s’effondra et se prit un coup de pic dans le coude où il tenait l’épée, la lachant. Ricina le questionna, il pleurait comme un enfant :

  - ? Nammota Drutanos, ?a t’dit quelque chose ? ? dit-elle, enragée.

  - ? O-o-oui une très gentille et brave f-f-femme ! ? bafouilla-t-il en pleurant.

  - ? C’EST ?A !!! JOUE L’INNOCENT !!! ? hurla-t-elle de rage.

  Elle planta ses pics dans son torse et son épaule droite. Elle les sortit et dit :

  - ? Je vais te rendre impossible à reconna?tre pour ceux qui verront ton cadavre de SALE PORC DE MERDE !!! ?

  Elle le frappa de ses pics une fois au visage, puis deux, puis six, puis douze, etc Sa machoire s’arracha. Ses yeux, son nez et ses oreilles avaient été eux aussi arrachés. Son visage rouge de sang et lacéré était méconnaissable, il n’avait plus rien d’humain. Elle mit encore une dizaine de coups en pleurant de rage et de soulagement : Nammota était vengée, enfin après tant d’années.

  Quand elle s’arrêta, Edvard lui apporta et une serviette pour essuyer son visage couvert de sang. Il lui donna aussi ses quatre couteaux, nettoyés. Elle les rangea et ils se décidèrent de rejoindre Guldo.

  - ? Est-ce que la Déesse de la Justice me chatiera ? ? demanda Ricina, légèrement stressée.

  - ? Non. Elle te félicite, Ricina Belenmat ? lui dit son ami.

  VI

  Guldo s’amusait ; il broyait les Anges gardiens comme on exploserait un fruit trop m?r à coup de maillet. Il les enfon?ait violemment dans les murs, le sol et le plafond, leur déchirant le corps au passage. Il re?ut moult flèches et carreaux d’arbalètes. Tous furent éjectés une fois plantés dans son corps. Il re?ut des coups de lances, de haches, d’épées. Chaque blessure disparaissait en une fraction de seconde, ne laissant qu’une petite fumée derrière. Ses yeux étaient flamboyants, ses tatouages devenus de la fourrure et ses muscles gonflés au maximum. Il prit un garde en armure, s?rement un assez riche pour se payer une telle protection en métal complète et l’arracha en deux au-dessus de lui. Il se dépla?a instantanément sur l’étage où se trouvaient les derniers Anges Gardiens, les tireurs. Il les déchiqueta à une vitesse éclair. Une fois le dernier tombé, il sauta au rez-de-chaussée, le traversa et atterrit dans un sous-sol.

  Il sentait la magie noire de par son flair. Il suivit la trace et vit une salle au trésor, la porte était ouverte. En entrant il ressentit une déflagration de magie noire et un trou se forma dans le mur ; un homme en habit de servant s’envolat comme par magie avec un sceptre dont émanait une lumière rouge comme le c?ur de la bête. Puis une grande lumière aveugla Gudlo. L’homme et la source des monstres avait disparu. Il sortit par le trou et se concentra. Il pouvait encore sentir leurs traces, ils étaient loin, mais il pouvait les traquer avec ses amis. Ses amis. Vite ! Il fallait qu’il les retrouve.

  Il courut à l’entrée où il vit Ricina et Edvard sortirent du manoir, effarés par le véritable carnage qu’avait fait Guldo. Il leur expliqua tout du mieux qu’il pouvait avec des mots très simples. Ils acquiescèrent, retournèrent là où ils avaient laissé leur équipement, le reprirent et partir dans la direction où Guldo flairait la magie noire. Ils avaient des rations pour cinq jours. Et en plus, Guldo était un excellent chasseur et cueilleur, sachant où trouver des fruits et des légumes sauvages en plus de reconna?tre les champignons comestibles grace à l’apprentissage d’Adnama.

  Ils se sortirent de Brigantion et reprirent la route vers le Sud-Est. Guldo leur parla du trésor qu’il a vu à Ricina. Elle lui répondit que les Anges Gardiens et les gardes des riches allaient tomber sans commandement et sans seigneur. Et vu la mort de ce dernier, le peuple n’hésitera pas à se révolter. Le trésor était pour le peuple ; les portes étant déjà enfoncées, les gardes en fuite, le peuple n’aurait aucun mal à s’en emparer. Il le méritait plus qu’eux, simples aventuriers. Cette preuve de modestie de la part de Ricina vis-à-vis de richesses et d’or étonnait Edvard, mais elle avait raison.

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